Il s'agit de trois volumes de 1.75 m / 1.30 m éclairés de l'intérieur sur lesquels images, mots et phrases empruntés à l’univers New Age* glissent comme en apesanteur, s’étirent, se déforment puis disparaissent pour en laisser apparaître de nouveaux, se révélant ainsi comme d’étranges et fragiles fantasmagories. Ces volumes dévoilent sur leurs circonférences un monde qui comme un miroir de notre temps reflète ses malaises, ses craintes et ses espérances. Ils englobent et happent le spectateur, et induisent l’hypnotisme à travers le mécanisme de leurs mouvements circulaires. Certitudes, croyances et images sont ainsi pris en otage pour être fragilisées. Cette altération de la forme produit un glissement symbolique mettant à nu les mécanismes de croyances qui sous tendent notre rapport au monde et aux images.
*Cette «culture» a inventé sa propre mythologie à partir de toutes sortes de codes et d’éléments empruntés à différentes traditions ésotériques et spirituelles.(Elle propose une spiritualité «à la carte». Dans le New age, l’invisible est largement exploité notamment parce qu’il permet la valorisation de l’individu et peut ainsi court-circuiter ses frustrations et ses insatisfactions. Il offre l’illusion de pouvoir devenir roi d’un royaume invisible dans une « cinquième dimension ». «Invisible » pour celui qui n’est pas assez évolué pour « Voir ». Les disciples du New Age aspirent à s’approprier leur part Divine entre science-fiction et merveilleux : ils espèrent.
Ces volumes révèlent donc le mirage d'un royaume invisible et évoquent grâces à des images et des mots clés les rouages même de l'enchantement qui fait de l'homme un dieu.